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CdbM - Le Perreux sur Marne

CdbM - Le Perreux sur Marne

Centre Des Bords de Marne, Scène Conventionnée d'Intérêt national Arts et Création

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Accueil > Spectacles > Bach, ou l'infini au bout des doigts
Musique
Pascal Amoyel

Bach, ou l’infini au bout des doigts

29.05

Informations pratiques

Durée : 1h20

Comment venir ?

Tarif B Tout public
Plein tarif : 26 €
Tarif réduit : 24 €
Jeunes (- de 25 ans) : 22 €
Abonné : 20,50 à 23,30 €

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Dates

  • samedi 29 mai 2027 • 20h30
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  • Distribution

« S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu » Cioran

Ma première rencontre avec Bach eut lieu vers mes 10 ans. Comme à son habitude,

mon père avait mis un disque pendant qu’il travaillait. Il me montra alors le portrait accroché au-dessus du piano :

— « Regarde, c’est de lui ! »

Je fixai ce visage sévère. « C’est qui cet affreux bonhomme avec une perruque ? »

— « Lui, c’est le père des compositeurs ! », répondit-il.

Ce jour-là j’héritai d’un père bis aux initiales célèbres : J.S.B.

Je dois l’avouer : je n’aimais pas trop sa musique. Pour moi, c’était une mécanique

interminable de doubles croches, comme un train monotone sur ses rails. Plus tard quand je m’essayais à ses oeuvres, j’y ajoutais parfois un peu de « groove » qui n’aurait sans doute pas déplu à Monk ou à Peterson.

Mais rien n’y faisait : je m’ennuyais. Mon coeur adolescent vibrait bien davantage au feu de Liszt ou de Rachmaninov. Chez Bach, il semblait n’y avoir qu’une seule idée à la fois, un seul personnage sur scène. Pas de lutte, pas de drame : juste une voix obstinée, presque étrangère à l’émotion.

Jusqu’à ce jour, dans une Cathédrale. Soudain, venu de nulle part, un son monumental, colossal, vertigineux jaillit des entrailles de la pierre. J’eus la sensation que les colonnes, les voûtes entières se mettaient à chanter.

Moi qui n’étais pas croyant, je me surpris à penser : « Si Dieu existe, c’est lui qui parle. »

En une fraction de seconde, je sus : c’était Bach.

De retour chez moi, je me lançai à corps perdu dans une enquête dont j’ignorais qu’elle m’entraînerait vers les territoires les plus insoupçonnés. Bach était loin d’être l’homme figé en habit noir qui écrivait des cantates comme un pommier fait des pommes. J’étais sidéré.

Une sidération qui allait bientôt se transformer en passion dévorante. Je commençais tout juste à comprendre pourquoi tant de gens le considéraient comme le plus grand génie musical que la Terre ait porté, un musicien à la fois poète, mathématicien, philosophe, sage…

Ce projet de spectacle sur Jean-Sébastien Bach est né en moi il y a de nombreuses années. Il a fallu qu’il mûrisse. Il a fallu aussi que je me confronte avant à d’autres monstres sacrés auxquels j’ai dédié mes précédents spectacles : Looking for Beethoven, Le Jour où j’ai rencontré Franz Liszt ou Une Leçon de piano avec Chopin.

Je me sens aujourd’hui légitime de revenir à la source de toutes ces musiques.

 

Aussi mon objectif dans ce spectacle ne sera pas de rappeler que la Passion selon Saint Jean fut créée un 7 avril 1724 — comme si la face du monde en aurait été changée si cela avait eu lieu la veille.

Non. Je tenterai de faire renaître ce moment foudroyant ressenti un jour de visite qui changea ma vie de musicien et d’homme, afin de le faire vivre à tous.

En prenant le risque de nous y laisser tous engloutir.

P. Amoyel

Écrit et interprété par Pascal Amoyel

Mise en scène Christian Fromont

Lumière Philippe Séon

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